Gérer les subventions de l’USAID dans les normes établies et en vigueur partout où cette agence travaille dans le monde, et avec succès, peut générer d’autres financements, et même plus importants : c’est là un des avantages de la bonne utilisation des fonds, et qui a été révélé à une quarantaine de Chargés de projets et programmes et de responsables financiers de Plan et du Catholic Relief Services (CRS) d’Afrique de l’Ouest, réunis à Ouagadougou du 4 au 6 septembre dernier pour une formation. Celle-ci concernait la gestion des financements de l’USAID. La formation a été assurée par Mme Carole André et MM. Winnie Tay et Kenneth Eye de Plan USA.
Six pays étaient représentés dont le Burkina Faso, le Cameroun, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. La session vient à point nommé surtout pour les participants du Burkina Faso avec la mise en œuvre du projet BRIGHT (Burkinabe Response to Improve Girls’ Chances to Succeed) par Plan, le CRS, le FAWE (Forum for African Women Educationalists) et l’Association Tin Tua.
Financé dans le cadre du Millenium Challenge Corporation (MCC) par l’USAID, ce projet a été lancé en juin dernier pour la réalisation de 132 complexes scolaires dans dix provinces du Burkina Faso en deux ans. « Nous voulons, à travers le projet BRIGHT, aider pour l’éducation des enfants du Burkina Faso, surtout celle des filles, et si le projet BRIGHT est conduit avec succès selon les normes, nous pourrons bénéficier d’autres financements. C’est la raison pour laquelle nous voulons qu’il se déroule bien au Burkina Faso » a déclaré Mme Carole André, Chargée de la gestion financière des subventions à Plan USA, qui a assuré la formation avec ses deux autres collègues.
Son Excellence Mme Jeanine Jackson, Ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique s’est entretenue avec les participants
Avant la clôture de l’Atelier, l’Ambassadrice des Etats-Unis, Son Excellence Mme Jeanine Jackson s’est entretenue avec les délégations nationales des 6 pays et des formateurs présents sur la politique du gouvernement américain en matière de développement. Celle - ci, a -t-elle expliqué, a pris un nouveau tournant avec l’arrivée d’un nouveau Directeur Exécutif, et la politique du MCC. Le MCC constitue actuellement un des éléments clés de la politique du développement du gouvernement américain à travers lequel de grands projets sont financés.
BRIGHT est suivi de près à Washington. Il pourrait servir de modèle à la mise en œuvre de projets sur l’éducation des filles à l’école primaire dans d’autres pays a-t-elle ajouté.
Les avis de quelques participants
Janie Elliot Bini chargée de la mobilisation des ressources à Plan Burkina Faso
« Cette formation vise à renforcer nos capacités de gestion des subventions du gouvernement américain, ce qui pour nous intervient en temps opportun, avec le projet BRIGHT, et va nous permettre de mieux comprendre les procédures de l’USAID et de mieux gérer les fonds destinés aux communautés. ».
Kadiatou Soumah, Contrôleur interne des programmes de Plan Guinée
« Cette formation m’a permis d’avoir quelques éclairages sur la gestion des fonds USAID. Je contrôle les projets, mais je me basais souvent sur les règles de procédure de Plan, ne connaissant pas celles de l’USAID. A partir de maintenant, je vais préparer un autre outil de contrôle pour les projets USAID ».
Moussa Sangaré, Chef de Programme du CRS/Mali
« Je gère depuis un moment des fonds USAID, et je m’apprête à démarrer un nouveau projet. Les modules sur les procédures présentés au cours de cet atelier sont très intéressants pour moi, et je pourrai en parler avec mes collaborateurs. Nous nous en servirons pour une bonne planification de ce nouveau projet. De plus, les échanges sur les cas pratiques vécus par des participants sont autant d’éléments utiles que nous a apporté cet atelier ».
Désiré Yaméogo, Chef du Département Education au CRS Burkina Faso
« Le CRS intervient dans plusieurs domaines, et la grande majorité des financements du CRS est assurée par le gouvernement américain. A partir du moment où cette formation concerne les directives relatives au financement américain, nous avons là une opportunité d’apprendre toujours. Le module sur l’élaboration du budget est celui qui a surtout retenu notre attention et nous allons travailler à sa préparation concertée entre le département du programme et des finances ».
MBungai Mirabelle, Chargée de la comptabilité des subventions à Plan Cameroun
« Cette formation m’a intéressée particulièrement parce que cela fait 11 mois que nous exécutons un programme de survie de l’enfant et avions interprété à notre manière les procédures de l’USAID. Grâce à cette formation, nous pourrons revoir ce que nous avions fait jusqu’ici et mieux conduire la suite. Nous devrions par exemple remplir les feuilles de présences, mais nous ne le faisions pas correctement. Grâce à cette formation, nous savons qu’il nous faut revoir notre manière de faire, et documenter nos activités ».
Makasa Kabongo, Coordonnateur du projet BRIGHT
« La plupart des agents qui travaillent sur le projet BRIGHT n’ont pas une grande expérience de gestion des fonds du gouvernement américain.
De ce fait, cette formation vient à point et à temps pour leur permettre de voir exactement ce qu’ils peuvent et ce qu’ils ne peuvent pas faire. Nous avons été éclairés sur les conditions d’acquisition des fonds et la réglementation en matière de gestion de ces fonds.
Nous apprécions aussi la dynamique de nos collègues de Plan USA qui ont pris l’initiative de venir vers nous, ce qui nous a permis de mobiliser le maximum de personnes à former.
Pour le projet BRIGHT lui-même, cette formation nous a permis de donner des exemples concrets et l’opportunité à tous les partenaires de poser toutes les questions sur ce qui se fait. Nous disposons maintenant d’un outil pour mener à bien le projet ».
Carol André, Chargée de la gestion financière des subventions à Plan USA, formatrice
« A travers cette formation, nous avons voulu informer les personnes responsables des finances et de la gestion des projets de Plan et du CRS en Afrique de l’Ouest des procédures et de la réglementation en vigueur à l’USAID, afin qu’ils puissent mieux travailler parce que tant que les procédures ne sont pas respectées, nous aurons des problèmes avec l’audit.
Certains résultats des audits passés ont été négatifs, en ce qui concerne la tenue des feuilles de présence, très importante, mais qui sont souvent inexistante sur le terrain, ou le versement des taxes sur les financements, ce qui est proscrit au niveau de l’USAID, ou encore, l’absence d’une documentation sur la vie des projets.
Nous visons donc à travers cette formation, à ce que les participants appliquent ce qu’ils ont appris. Cela nous permettra de mieux travailler, et de maintenir de meilleures relations avec l’USAID. C’est ainsi que nous pourrons bénéficier d’autres financements pour conduire d’autres projets ».